14-La chapelle du Try d'Haies

14-LA CHAPELLE DU TRY D'HAIES

 

En 1980, dans le livre « Loverval, terre des Bois et des Eaux » écrit par les habitants de Loverval, Marcel Collet a interrogé Guy Capart, fils de Léon.

"Cette chapelle a été érigée vers 1923(…) Papa, homme pratique, se rappela qu’un sien cousin, architecte, avait été chargé de mission tout de suite après la fin de la guerre dès 1919, pour organiser dans le cadre du « Fonds Albert », le relogement rapide des sinistrés des régions dévastées par les combats.

De très nombreux logements préfabriqués en bois furent construits…. Des chapelles avaient été prévues en attendant la construction des églises. Il s’informa et apprit que plusieurs églises étant presque achevées, certaines de ces chapelles allaient être démolies.

Avec son cousin, il fit un rapide déplacement de prospection et acquit cette chapelle. A l’époque, le conseil de fabrique était peu favorable au projet mais, finalement, le terrain fut acheté, la chapelle en pièces détachées arriva, fut montée et ce fut l’inauguration. » A la chapelle acquise au « Fonds Albert » manquait la cloche. Celle-ci fut commandée, coulée, baptisée et mise en place. Elle porte sur ses flancs l’indication de sa date de baptême et les noms de ses parrain et marraine : Elisabeth Marbais et Noël Capart.

Le bénitier provient de la chapelle de la propriété de mes grands-parents."

Au fil des ans, notre chapelle eut besoin de quelques réparations et adaptations. Chaque fois, fut repris le projet initial de remplacer la chapelle en bois, provisoire par destination, par un édifice en dur. Il y eut plusieurs projets, certains très spectaculaires. Ils étaient utopiques et ne virent pas le jour. »

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En 1955, alors que la démographie de Loverval croît de façon exponentielle, il est question d’agrandir les lieux de culte. La « chapelle annexe du Try d’Haies » est déclarée « vétuste et dès à présent notoirement insuffisante. »

En 1970, une étude du terrain de la rue du Calvaire est réalisée en vue du remplacement de la chapelle en bois par un édifice en dur. Il ressort du rapport de l’architecte Stampe que le terrain ne présente pas les qualités idéales : terrain trop étroit, abords pas suffisamment dégagés, places de parcages insuffisants. Le projet de construire la nouvelle chapelle sur le terrain de l’ancienne est abandonné. Néanmoins, le Conseil décide, considérant que la chapelle du Try d’Haies « ne répond pas au besoin de la population et est un danger pour la sécurité des paroissiens »(sic), de construire une église sur un autre terrain au Try d’Haies (la Fabrique d’église possède un terrain à la rue de la Jonquière)et de vendre celui de la rue du Calvaire.

La chapelle de 1923 a connu les avatars du temps. Un grand nombre de ses carreaux en quatre parties fut remplacé par de la vitre armée. Le clocheton, fragilisé par la chute d’un arbre ne put garder la cloche et la toiture à cet endroit n’était plus étanche. Le traitement de la façade au carbonyl fit disparaître la couleur d’origine, laquelle transparaît encore aujourd’hui.

Le mystère de ses origines, son aspect inhabituel pour la région, voire son esthétique, ajoute à son crédit une affection réelle de la part des habitants. Chose rare, elle recueille autant de suffrages parmi la population qui ne pratique pas la religion que les paroissiens eux-mêmes.

Source

 

Micheline Dufert

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